10 km. Des centaines de coureurs. Et derrière tout ça, des dizaines de personnes
dont personne ne verra jamais le visage sur les photos finish.
C’est là que j’étais, ce matin-là. Pas sur la ligne d’arrivée. Dans les marges. Avec mon appareil.
Changer de côté
En studio, je dirige. Je cadre, j’anticipe, je guide vers la lumière.
Je maîtrise l’espace, le temps, l’ambiance. C’est mon terrain.
Ici, rien de tout ça.
La course avançait sans moi, à son propre rythme. Mon rôle : m’adapter, saisir,
ne pas rater ce qui ne se répèterait pas. Un regard échangé entre deux bénévoles. Un éclat de rire entre participants, bénévoles Une main tendue au bon moment.
Le même œil. Un autre défi.
de ne plus maîtriser ce qui allait se passer. »


L’invisible qui fait tenir l’événement
Ce qui m’a frappée, c’est ça : un événement comme le 10 km de Chambéry ne tient
pas grâce aux chronos. Il tient grâce aux gens qui arrivent à 6h du matin pour
poser des barrières. Qui tendent des gobelets d’eau en souriant à leur centième
coureur. Qui encouragent avec la même énergie pour le premier et pour le dernier.
Ces familles qui sont là pour soutenir, encourager.
Et pour une première édition, les 4000 coureurs dans les rues de Chambéry, juste incroyable, les émotions se sont décuplées au départ, alors que j’étais sur cette nacelle pour faire des images.. En tant que passionnée par le trail, là l’énergie était simplement indescriptible, cette cohésion de foule , tous pour un même but , se dépasser ou son chrono peut importe, c’était MAGIQUE.
Ces moments-là, si on ne les fixe pas, ils disparaissent.
C’est exactement pourquoi je photographie.

Ce que le sport m’a rappelé sur mon métier
Couvrir cet événement m’a replacée dans une posture que j’oublie parfois en studio :
celle de l’adaptation pure. Pas de filet de sécurité, pas de deuxième chance.
Juste la justesse du moment ou rien.
C’est inconfortable. C’est vivifiant.
Et ça m’a rappelé pourquoi j’aime ce métier : parce que les instants qui comptent
vraiment sont toujours éphémères. Qu’ils se passent en plein air sous le soleil de
Chambéry ou dans la lumière douce d’un studio, ils méritent d’être fixés dans le marbre.
Ces visages discrets, ces gestes ordinaires et essentiels, les organisateurs qui ont fait un travail immense .. c’est eux,
les vrais héros du 10 km de Chambéry.
Merci au Soc Rugby et notamment Paul, pour m’avoir confier cette mission.












